On pourrait penser que des créatures au visage blême, aux yeux cernés de noir et à la bouche d’un rouge carmin sertie de canines pointues et de surcroît assoiffées de sang humain perdraient de leur charme pour les mortels high tech et peu superstitieux du 21ème siècle et pourtant le mythe du vampire ne semble en rien perdre de la fascination que ces créatures infernales exercent sur ceux que l’approche de la nuit rend chaque jour nerveux et que toute ombre jetée par une armoire dans leur chambre à coucher incite à remonter couardement leur couverture sur leur nez. Rien d’étonnant alors à ce qu’un Musée des Vampires ait vu le jour, et la nuit, dans la ville des Lilas, dans le 93, pour ajouter à l’angoisse.
Jacques Sirgent le fondateur du Musée des Vampires n’arbore bizarrement ni le look Robert Smith des Cure, ni la cape noire doublée de satin rouge façon Christopher Lee et semble même disposer d’un certain sens de l’humour noir comme en témoigne la création d’un jardin gothique dans la cour du musée dans lequel on peut frêmir devant une tombe de jeune fille joliment fleurie dont la pierre tombale fissurée laisse apparaître une main. Passionné par l’univers des vampires depuis son plus jeune âge, le sieur Sirgent a patiemment rassemblé une collection impressionnante d’ouvrages littéraires, d’art, et d’objets de toutes sortes dont certains ayant servi à la poursuite et à la destruction des vampires au travers des âges.
La collection du Musée des Vampires comprend d’innombrables livres dont la première édition française du Dracula de Bram Stocker et plus de 400 films. D’ailleurs le musée comprend également une salle de projection. Il faut à peu près compter deux heures pour la visite du musée et il vous faudra prendre rendez-vous avec le maître des lieux pour pouvoir le visiter, de nuit même, si cela aide à vous glacer le sang, spécialité tout particulièrement appréciée par les vampires en été.
Du Nosferatu de Mürnau au Bal des Vampires de Polanski, du Dracula de Bram Stocker à l’Entretien avec un vampire d’Anne Rice, de personnalités historiques telles que Vlad Dracul à la Comtesse Sanglante Erzsébet Báthory, dont la vie vient d’être adaptée pour le cinéma par Julie Delpy, tous les vampires, des plus glamours aux plus glauques, des plus morts aux plus vivants, des plus sensuels aux plus lugubres, des plus effrayants aux plus drolatiques, absolument tous les vampires ont trouvé leur caveau dans le Musée des Vampires des Lilas en bordure de Paris.






















